VINCENT CASSEL

« J’aime l’esprit de Kourtrajmé »

 

Véritable OVNI dans l’univers du cinéma français, « Notre Jour Viendra » est l’une des pépites du grand écran de l’année 2010 et sans doute le film qui a le plus soulevé la polémique ces derniers mois. Derrière la caméra, un réalisateur atypique, Romain Gavras, du collectif Kourtrajmé, et devant, un acteur, Vincent Cassel, qui magnifie de nouveau son personnage.
Retour avec lui sur l’aventure « Notre Jour Viendra »…

 

Qu’est ce qui t’a incité à devenir producteur et acteur du premier film de Romain Gavras ?

Je connais Romain depuis des années par le biais de Kourtrajmé dont il est l’un des fondateurs. Je l’ai vu évoluer artistiquement, et un jour, je lui ai simplement dit que si, à un moment, il voulait faire un long-métrage, il pouvait m’en parler. Il a fait le tour et après réflexion, il est venu me voir en me disant que c’était avec moi qu’il voulait faire son premier film. A partir de là, Eric Névé et moi moi-même l’avons signé avec son co-scénariste Karim Boukercha et ils ont commencé à écrire.


Les choses ont beaucoup progressé entre leur première envie et le résultat final de « Notre Jour Viendra »…

Nous avons mis du temps à mettre en place le film, mais toujours en gardant à l’esprit que Romain devait garder son entière liberté. On a fait le film en fonction de cela. Garder sa liberté voulait évidemment dire qu’il fallait rester dans une gamme de prix qui nous le permette. Je savais qu’on aurait toujours un film où il y aurait une certaine dose d’abstraction, et il n’a jamais été question de changer ça. C’était un choix.


Voilà en tout cas un film qui a fait parlé de lui et qui détonne dans le paysage du cinéma français ! Avec quelles envies as-tu abordé ce projet ?

Déjà l’envie de produire et de jouer dans le premier film de Romain Gavras. Puis l’impression de pouvoir explorer un autre registre. Passer d’un gangster à un père de famille brésilien, à, tout d’un coup, un psy de province nihiliste et lâche, ça m’intéressait. Encore une fois c’était jouer le contraste, se retrouver dans cet univers qui n’avait rien à voir avec mes films précédents. Je crois vraiment que Romain a de grandes qualités de metteur en scène et, qu’il le veuille ou non,il a une culture de cinéma contre laquelle il lutte encore parfois, mais qui est ancrée très profondément. On ne peut pas être le fils de Costa-Gavras impunément.


«On a tous besoin de s’émanciper un peu de sa famille»




« Lutter contre sa culture de cinéma » : c’est à dire ?

On a tous besoin de s’émanciper un peu de sa famille, donc je pense que tout ce qu’on a pu voir avec Justice et même le clip de M.I.A, c’est aussi une manière de se démarquer. D’où que tu viennes, plus tu le fuis, plus tu y retournes de manière détournée.« Notre Jour Viendra » le rapproche du réalisateur qu’il va devenir.
Quand je regardais Romain sur le tournage, j’étais étonné par sa maturité sur un plateau. Jamais un mot plus haut que l’autre et une capacité à prendre des décisions surprenantes pour un mec qui fait son premier long-métrage.


Comment as tu géré la dimension sexuelle du film ?

Elle est inscrite dans l’histoire. La base de « Notre Jour Viendra » c’est une histoire d’amour entre deux mecs qui deviennent tout l’un pour l’autre. Quand nous avons tourné ce dernier plan dans la montgolfière, j’ai dit à Romain et Karim le co-scénariste « Alors ? C’est pas un film de pédé ?”

 

 

Qu’est ce qui t’a séduit avant tout dans « l’esprit Kourtrajmé » ?

Cette liberté, cette auto-proclamation, cette affirmation de soi-même sans comparaison aux autres, l’envie de se découvrir à travers ce qu’on fait.

«NOTRE JOUR VIENDRA»,
de Romain Gavras avec
Vincent Cassel, Olivier
Barthélémy…
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