
Sa frimousse angélique et son attitude de baby doll font chavirer les coeurs et les corps. Loin de l’image de papier glacé avec son amoureux de chanteur, la dernière lauréate du César du meilleur espoir féminin sublime cette fable historique de Betrand Tavernier avec la justesse de son interprétation et sa fraîcheur. Un joli moment de douceur en perspective...
On vous retrouve ici interpréter un rôle bien éloigné de vos précédents : celui de Marie Montpensier tiré du texte de Madame de La Fayette !
Oui, J’ai lu avant mon audition ce texte de La Fayette, et je l’ai relu ensuite avant le tournage. En fait, je me suis rendue compte que le scénario est très proche de la nouvelle, même si le texte de Madame de
La Fayette est très chaste et constamment dans la retenue : on n’y sent ni la fusion de la passion amoureuse, ni la découverte de la sexualité des jeunes époux Montpensier qui sont présentes dans le film.

Qu’avez-vous ressenti à la lecture du scénario ?
J’ai d’abord trouvé que c’était un très beau portrait de femme et une magnifique histoire d’amour sous plusieurs formes : l’amour passionnel de Marie avec Guise, l’amour tendre et raisonné avec son mari, l’amour qui passe par la philosophie et la connivence intellectuelle avec Chabannes et une certaine forme d’ambiguïté avec Anjou qui la déstabilise.
N’était-ce pas difficile d’aborder ce texte classique lorsque l’on vient d’un milieu populaire?
C’est un texte classique d’une grande beauté, mais qui, au début, m’a fait très peur. Je viens d’un milieu populaire, il est vrai, et c’est un
registre de langue qui m’échappe complètement. Je n’ai pas l’oreille formée et cela me paraît vite insurmontable : je me sens alors perdue et je ne sais plus ce qui se passe. Mais s’agissant du texte de Jean Cosmos, j’ai eu un vrai plaisir à le dire : j’ai adoré le rythme et la musicalité des dialogues. Tout ce qui m’avait semblé alambiqué à la lecture m’a paru limpide et évident au moment du tournage.
Racontez nous un peu vos rapports avec Bertrand Tavernier sur le tournage...
Par moments, j’avais l’impression qu’il était plus jeune que nous. C’est lui qui nous transmettait son énergie débordante : parfois, j’étais bien plus fatiguée que lui. Sur le plateau, c’est un véritable adolescent. Cela se ressent dans sa manière de nous filmer car la caméra s’adapte constamment aux comédiens : c’est nous qui imposions le rythme et la cadence. Jamais il ne nous interrompait au milieu d’une scène : une fois qu’on avait déterminé nos mouvements, c’était la caméra qui venait nous chercher.
Quel autre souvenir gardez vous de ce film ?
Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est qu’il y a deux générations qui se côtoient : celle des comédiens aguerris et celle des jeunes
acteurs.
« La Princesse de Montpensier »
de Betrand Tavernier,
avec Mélanie Thierry,
Lambert Wilson,
Gaspard Ulliel,
Grégoire Leprince-Ringuet...
Actuellement dans les salles