Julien Doré

Drôle d’animal

 

Sur scène, à la télé et dans ses clips, il est comme un chien fou excentrique. En interview, il est beaucoup plus posé et timide ! Mais avec son 2e album, « Bichon », Julien Doré ne dompte en rien ses bonnes habitudes : un clip second degré, une pochette d’album qui l’est aussi et des textes mordants. Il joue avec la langue française et les notes, et le fantôme de Gainsbourg se dessine.

 

Julien Doré Bichon

 


Comment décrirais-tu « Bichon » par rapport à « Ersatz » ?


Musicalement, ma manière de chanter, de raconter des choses vient davantage du ventre, car j’ai écrit et composé la plupart des chansons. Elles sont assez intimes. Et il y a une évolution sur la voix, la tournée m’a appris à doser l’interprétation, à chanter plus naturellement, sans forcer. Le problème d’avoir commencé par une émission de télé, c’est qu’on s’adapte à l’idée que c’est un show. Quand j’ai commencé à écrire les chansons de « Bichon », je me suis rendu compte que ma manière de chanter, c’était ma voix basse avec un côté narratif.

 

Il y a pas mal de collaborations sur cet album (Françoise Hardy, Katerine, Yvette Horner, etc). Comment cela s’est-il fait?


Katerine m’a envoyé un SMS pour me dire qu’il avait des chansons pour moi. Quant à Françoise Hardy, on s’était rencontrés lors d’une séance photo. On communiquait de temps en temps par e-mail et un jour je lui ai dit que je travaillais sur les maquettes de mon album. Je ne lui ai rien caché, je lui ai expliqué que j’avais écrit une chanson sur les baleines ! Elle a adoré le morceau.

 

C’est important l’humour pour toi ? Tu es drôle dans la vie ?


Oui, je crois ! Mais comme tout le monde, il y a des moments où je ne suis pas bien. J’ai la chance de pouvoir écrire des choses, parfois amusantes, parfois non. C’est ce qui m’intéresse : ne pas montrer qu’une facette de moi. Un clip peut être complètement barré et le reste de l’album plus doux et sensuel.

 

« Je regarde des documentaires animaliers » 

 

 

Sur la biographie accompagnant l’album, il est écrit que tu n’as plus envie d’être ce que tu n’es pas. Tu l’as vraiment été ?


Ce n’était pas tout à fait de ma faute, si je peux me trouver des excuses. C’était dû à la rapidité de ce qui m’arrivait. Avec mon groupe, on jouait dans des bars, et outre les Beaux-arts, je travaillais dans une société pour payer mon loyer. Et du jour au lendemain, tout a changé. On m’a mis dans la lumière, le regard des gens n’était plus le même. C’était un rêve de faire de la musique, je voulais répondre aux attentes. Mais à force, je n’étais plus au service de mon art, mais d’émissions télé et de certains médias. Je me suis fait un peu peur, alors à un moment j’ai dit stop, plus d’interviews, plus de télés. Cela m’a permis d’aérer ma vie, de la voir en face. Il y a des choses que je voulais protéger.

 

Avec ce titre « Bichon » et le clip rempli d’animaux, on dirait que tu as une passion pour les bêtes ?


L’album s’appelle « Bichon » parce que lors d’une séance photo que j’ai faite dans un parc, il y avait une dame avec un chien. Je lui ai demandé si on pouvait prendre un cliché avec son animal. La photo qui en est sortie m’a troublé, je trouvais que le chien était un prolongement de moi. Et le mot bichon me faisait rire. Je voulais que le titre de l’album soit en un seul mot. De plus, avec mes musiciens, parfois on s’appelle bichon pour s’amuser. Mais c’est vrai que j’adore les animaux. Je regarde beaucoup de documentaires animaliers.

 

Vraiment ?


Oui, je suis très calé sur les kangourous, les baleines, etc., et je ne déconne pas du tout !

 

Il y a peu d’artistes à l’univers aussi original que le tien. Tu te sens un artiste à part ?


Sans doute, oui, mes idées pour les clips, par exemple, sont un peu folles. Mais je ne calcule rien.

 

 

 

Julien Doré Bichon