Jamel, c’est le symbole de la réussite pour les jeunes, beurs ou pas. Le rêve américain version banlieue. Ou comment un jeune homme qui partait avec peu d’avantages dans la vie, est devenu une star richissime qui a séduit une superbe héroïne du petit écran. Avec un tel parcours, il a beaucoup à dire, Jamel. Il n’est donc pas étonnant que sur scène il nous raconte tout sur lui pendant près de deux heures.

Dans son one-man show « Tout sur Jamel », il va parler de ses origines, de son enfance, de sa réussite, et il dira tout, tout sur sa chérie Mélissa Theuriau, et sur la différence de culture entre ses parents et ceux de sa dulcinée. Sans oublier la politique, le football, tout ce qui le concerne lui et les jeunes ancrés dans la société. Car Jamel Debbouze fait partie de ces artistes auxquels une partie du public s’identifie et dont les propos peuvent être paroles d’évangile. Devenu sans le vouloir le symbole de la réussite sociale, Jamel a accepté sans broncher ce statut, mais en connaît les dangers. « Au départ, je vannais, je charriais les gens sans me rendre compte que je pouvais blesser. Je sais aujourd'hui qu'il y a des gamins qui m'écoutent. Je n'ai pas le droit de dire tout et n'importe quoi », confiait-il récemment à un journal français. Mais à 35 ans, le Français d’origine marocaine est lui aussi toujours un gamin qui sème la zizanie (et les rires) sur les plateaux des journaux télévisés, qui crie son admiration pour Zizou, et qui s’amuse à faire de la musique avec Stromae. Un gamin qui a un gamin depuis 2008, et qui est aussi un peu le père spirituel de nombreux jeunes.

Au final, Jamel Debbouze, c’est un mélange de sérieux et de légèreté. Il y a le comique qui fait sourire dès qu’il ouvre la bouche avec ses airs de Charlie Chaplin des banlieues, et de l’autre, le père de famille responsable, l’acteur engagé qui réussit à faire oublier que le rigolard a jamais existé, tel un Coluche dans « Tchao Pantin » lorsqu’il rend hommage dans « Hors-la-loi » et « Indigènes » (Prix d’interprétation masculine à Cannes) aux Nord-Africains qui ont combattu pour la France durant la Seconde Guerre Mondiale. Il y a l’homme qui souffre d’un handicap physique après avoir été happé par un train, ce qui n’a pourtant pas entravé ses mouvements dans le show-buisness. Et le millionnaire toujours proche de ses origines modestes qui touche les jeunes aux conditions de vie précaires, malgré les mondes matériels qui les séparent. Contraint de mettre le poing dans sa poche à cause de sa blessure, il n’y a pas sa langue. Jamel évoque les problèmes de la société française et va jusqu’à dire pour quel parti (la gauche) il votera aux prochaines élections présidentielles françaises. Jamel, c’est aussi ce garçon qui, sans être doté d’un physique d’Apollon, est l’une des stars françaises les plus appréciées et a séduit une jeune première, Mélissa Theuriau. Une idylle surprenante, dont l’aspect le plus étonnant est qu’elle dure. Le couple attend d’ailleurs un second enfant. Oui, la vie de Jamel est un conte de fées. Il le reconnaît lui-même : « Je ne peux pas bouger le bras, je ne peux donc faire aucun travail physique. Pas même éboueur. Et je n'ai pas le bon cerveau pour les métiers intellectuels. Mais, attention: je suis très fier d'être arrivé là où j'en suis. Chaque fois que je parle de moi, j'ai l'impression de sortir les violons mais je vous jure que c'était compliqué, difficile, humiliant ».

Un parcours vraiment fabuleux que celui de Jamel Debbouze. De quoi en faire un film à l’eau de rose, mais l’artiste préfère le mettre en scène sur les planches dans un one-man show. Car finalement, les malheurs et la réussite, mieux vaut en rire pour ne pas en pleurer ou les prendre trop au sérieux.
Et puisque parler de soi et de sa vie, c’est une chose qui touche à l’intime, autant raconter ces confessions à des fans en chair et en os. D’autant plus que se retrouver face à un public, Jamel ne l’avait pas fait depuis son spectacle « Jamel 100% Debbouze», il y a sept ans. Et sept ans, c’est long. Il s’est passé beaucoup de choses pour le comique durant ces années: la vie privée qui se construit, mais aussi une carrière foisonnante qui l’a empêché de retrouver la scène plus tôt. Il faut dire que notre homme se diversifie, il est partout où on veut de sa tchatche et de son talent. Monsieur Debbouze a débuté par l’improvisation, avant de faire des chroniques, « Le cinéma de Jamel », sur Radio Nova, d’aller sur Paris Première, puis d’atterrir sur Canal + avec ses billets d’humour sur le grand écran et d’apparaître dans la série « H » aux côtés d’Eric et Ramzy. La chaîne cryptée fait de lui une star. S’ensuivent des films : « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain », « Indigènes » ou « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », avant l’aventure du Jamel Comedy Club, réunion de jeunes talents du rire. Car notre humoriste veut que sa notoriété aide les artistes en devenir. Mais aussi bonne âme qu’il soit, le Franco-Marocain voulait à nouveau se retrouver seul sur un projet après ces jobs en équipe. C’est chose faite avec « Tout sur Jamel ». Et il ne sera pas tout seul, Jamel. Ses admirateurs se pressent en nombre pour assister à ses confessions intimes humoristiques. Vu le succès de la représentation du 12 mai à l’Arena, une seconde date dans cette salle a été rajoutée, le 8 octobre. Quant aux Neuchâtelois, ils auront l’occasion d’apprendre les détails de la vie de l’humoriste le 7 octobre aux Patinoires du Littoral. A noter que l’after du spectacle du 12 mai aura lieu au Bypass de Genève, avec DJ Abdel et Jamel Debbouze himself !
Et ensuite, rendez-vous dans sept ans pour découvrir la suite des confessions de Jamel sur scène ?